Les corneilles et la mort.
- edithpradalie

- 17 août
- 2 min de lecture
🐦⬛ Et si les corneilles enquêtaient sur la mort de leurs congénères ?
J'ai découvert récemment un comportement qui m'a fascinée.
Lorsqu'une corneille découvre le corps d'une autre corneille, elle peut pousser des cris d'alarme qui attirent ses congénères.
Elles se regroupent alors autour du lieu, observent, vocalisent, surveillent les alentours…
On parle parfois de « funérailles de corneilles ».
Mais les chercheurs ont découvert que derrière ce rassemblement se joue quelque chose d'encore plus étonnant : elles cherchent notamment à comprendre d'où vient le danger.
Dans une étude menée par Kaeli Swift et John Marzluff, des corneilles ont été confrontées à un humain placé à proximité du cadavre d'une de leurs congénères.
Par la suite, elles étaient capables de reconnaître cet humain et de le considérer comme une menace, alors même qu'il n'y avait plus de cadavre.
Une seule exposition pouvait suffire.
Et cette association pouvait persister jusqu'à six semaines.
Elles mémorisent également les lieux associés à la mort et s'y montrent ensuite plus prudentes.
Alors non, les scientifiques ne disent pas que les corneilles se réunissent pour « faire leur deuil » comme nous le ferions.
Mais la mort d'une des leurs devient une source d'information pour les vivantes.
Et c'est peut-être cette idée qui me touche le plus.
Chez les corneilles aussi, les morts ont encore quelque chose à transmettre aux vivants.
Pas nécessairement un message.
Pas nécessairement un souvenir.
Mais une information qui peut modifier leur comportement et parfois les protéger.
Finalement, même dans la nature, la mort ne raconte peut-être pas seulement quelque chose de celui qui disparaît.
Elle transforme aussi ceux qui restent.
À tout bientôt ici et là.
Je suis Edith Pradalie et j'accompagne et sensibilise aux transitions de vie et aux deuils.
🔎 Source scientifique :
Swift, K. N. & Marzluff, J. M. (2015). Wild American crows gather around their dead to learn about danger. Animal Behaviour, 109, 187–197.
DOI : 10.1016/j.anbehav.2015.08.021


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