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Coach personnelle et professionnelle certifiée RNCP - Accompagnante du deuil diplômée de l'Université Jules Verne de Picardie -

Praticienne Narrative - Facilitatrice  I En cabinet (Orléans) et à distance I Intervention dans la région Centre-Val de Loire.

Se dire avant qu’il ne soit trop tard...


Nous avons souvent beaucoup de choses à dire aux personnes que nous aimons et pourtant, nous ne les disons pas toujours...


Un « je t’aime » que l’on pense évident... Un « merci » que l’on remet à plus tard...

Un « tu comptes pour moi » qui reste dans notre tête... Un « je suis désolé » que notre fierté retient... Un « tu m’as blessé » que nous n’osons pas prononcer par peur du conflit...


Nous ressentons énormément de choses au cours d’une vie, mais nous n’en exprimons parfois qu’une toute petite partie.


Pourquoi ? Parce que dire ce que l’on ressent nous rend vulnérables.

Et parce que, depuis longtemps, nous avons appris à nous protéger.


Pourquoi avons-nous tant de mal à exprimer nos sentiments ?


Nous portons tous, à des degrés différents, des croyances sur ce que nous pouvons ou ne pouvons pas montrer :

  • « Si je montre ma vulnérabilité, on va en profiter. »

  • « Si je lui dis ce que je ressens, je risque d’être jugé. »

  • « Si je lui dis que je l’aime et que ce n’est pas réciproque ? »

  • « Je ne veux pas déranger. »

  • « Je dois être fort. »

  • « Ça ne sert à rien d’en parler. »


Alors nous apprenons à retenir. Nous faisons comme si nous n’étions pas blessés... Comme si nous n’avions pas peur... Comme si nous n’avions besoin de personne.

Et parfois même comme si nous n’aimions pas autant...


Ces mécanismes ont souvent une fonction : ils nous protègent.


Mais à force de vouloir nous protéger de la souffrance, nous pouvons aussi nous protéger de la relation, de l’intimité et de la possibilité d’être profondément rencontrés par l’autre.


« J’aurais aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments ».


Bronnie Ware, ancienne professionnelle des soins palliatifs, a accompagné pendant plusieurs années des personnes en fin de vie.

De cette expérience est né son livre The Top Five Regrets of the Dying, dans lequel elle rapporte cinq regrets fréquemment exprimés par les personnes qu’elle accompagnait.


Parmi eux :

« J’aurais aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments. »

Cette phrase me bouleverse parce qu’elle ne parle pas seulement de la mort.

Elle parle surtout de la vie et de toutes ces fois où nous avons pensé : " Je lui dirai plus tard... que je l’aime...que je suis fier de lui."

"Plus tard, je lui demanderai pardon, j’oserai lui dire ce que j’ai sur le cœur et nous aurons cette conversation."


Nous vivons souvent comme si le temps nous était garanti. Or il ne l’est pas.


Le deuil donne un autre poids aux non-dits.


Lorsque nous perdons quelqu’un, les mots qui n’ont pas été prononcés peuvent soudain prendre une place immense.

« Est-ce qu’il savait combien je l’aimais ? »

« Pourquoi ne lui ai-je jamais dit merci ? »

« J’aurais aimé que nous nous réconciliions. »

« J’aurais dû l’appeler plus souvent. »

« J’aurais voulu qu’elle sache que j’étais fière d’elle. »


Ces phrases peuvent accompagner le deuil. Et derrière elles se cachent parfois de la tristesse, de la culpabilité, de la colère, des regrets ou un sentiment d’inachevé.


Lorsque quelqu’un meurt, nous ne perdons pas seulement une personne.

Nous perdons également une partie de l’avenir que nous imaginions avec elle.


Et parfois, nous perdons aussi la possibilité de réparer quelque chose comme nous avions imaginé pouvoir le faire.


Peut-on encore dire ce qui n’a pas été dit ?


La mort empêche certaines conversations d’avoir lieu de la manière dont nous l’aurions souhaité, mais elle n’interdit pas nécessairement de poursuivre intérieurement la relation.

Dans l’accompagnement du deuil, il peut être important de permettre à la personne endeuillée d’exprimer ce qui n’a pas pu être dit.


Comment ?

  • Écrire une lettre à la personne disparue.

  • Lui dire ce que nous aurions aimé lui dire.

  • Exprimer notre colère.

  • Dire notre gratitude.

  • Nommer une blessure.

  • Raconter ce que nous aurions voulu réparer.


Dire simplement :

« Tu me manques. »


Ces mots ne changent pas le passé mais ils peuvent transformer la manière dont nous portons notre histoire.


Un lien ne disparaît pas nécessairement avec la mort. Il se transforme.


Nous continuons à être reliés à ceux qui ont compté à travers nos souvenirs, nos valeurs, nos gestes, nos choix et parfois même à travers la personne que nous sommes devenue grâce à eux.


Quelle place donner au pardon dans le deuil ?


Lorsque nous parlons de deuil, la question du pardon peut également apparaître.

Pardonner à quelqu’un. Demander pardon ou se pardonner à soi-même.

Mais le pardon mérite beaucoup de précautions. Il ne devrait jamais devenir une obligation.


Une personne endeuillée n’a pas à pardonner pour « bien faire son deuil ».

Elle n’a pas à excuser ce qui lui a fait du mal. Elle n’a pas à oublier.

Certaines relations ont été belles, d’autres ont été compliquées.

Certaines personnes meurent en laissant derrière elles énormément d’amour, d’autres laissent aussi des blessures. Et parfois les deux existent simultanément.


Pour certaines personnes, le pardon peut malgré tout devenir un chemin d’apaisement.

Non pas parce que ce qui s’est passé était acceptable, mais parce qu’elles ne souhaitent plus que cette blessure dirige leur vie.

Pardonner peut parfois vouloir dire :

« Je ne veux plus porter cela de la même manière. »


Et puis il existe une autre forme de pardon, souvent très présente dans le deuil :

le pardon envers soi-même. Se pardonner de ne pas avoir compris... De ne pas avoir su...

De ne pas avoir été là... De ne pas avoir dit... De ne pas avoir appelé...De s’être disputé...

D’avoir continué à vivre alors que l’autre est mort.


Nous jugeons parfois nos comportements passés avec ce que nous savons aujourd’hui.

Mais la personne que nous étions à ce moment-là ne disposait pas forcément des mêmes informations, du même recul ou des mêmes ressources.

Cela aussi mérite parfois d’être entendu.


Les transitions de vie font remonter nos non-dits.


Ces questions ne concernent pas uniquement la mort.

Les grandes transitions de vie ont souvent cette capacité à révéler ce que nous avions laissé de côté.


Une séparation peut nous faire penser :

« Pourquoi n’ai-je jamais osé dire ce dont j’avais besoin ? »


Un changement professionnel :

« Pourquoi suis-je resté si longtemps dans une situation qui ne me convenait plus ? »


Le départ d’un enfant :

« Est-ce que je lui ai suffisamment dit que j’étais fier de lui ? »


Une maladie :

« Pourquoi ai-je attendu pour faire ce qui comptait réellement pour moi ? »


Une retraite, un déménagement, une rupture, une perte d’emploi ou un changement de rôle peuvent eux aussi agir comme des révélateurs.

Ils bouleversent ce que nous pensions acquis et nous obligent parfois à nous demander :

Qu’est-ce qui compte réellement pour moi ?


Et surtout :

Est-ce que ma manière de vivre aujourd’hui le montre ?


Exprimer ses sentiments ne signifie pas tout dire.


L’authenticité ne consiste pas à dire absolument tout ce que nous pensons, n’importe comment et à n’importe qui.

Exprimer ce que nous ressentons suppose aussi de respecter l’autre et de nous respecter nous-mêmes.


Cela peut simplement commencer par quelques phrases.

  • « Tu comptes pour moi. »

  • « Merci pour ce que tu as fait. »

  • « Je suis heureux que tu sois dans ma vie. »

  • « J’ai peur. »

  • « J’ai besoin de toi. »

  • « Cette situation m’a blessé. »

  • « Je ne suis pas d’accord. »

  • « Je suis désolé. »

  • « Je t’aime. »

Et parfois aussi :

  • « Non. »


Parce qu’exprimer qui nous sommes, ce n’est pas uniquement dire notre amour.

C’est aussi dire nos limites, nos besoins, nos peurs, nos désaccords, nos fragilités.

Et ce que nous voulons réellement pour notre vie...


Dire qui nous sommes est également un acte d'amour et de confiance en l'autre et en la relation. C'est parce que j'ai confiance en notre relation que je peux m'autoriser à dire qui je suis.



Et si la conscience de la mort nous aidait à mieux vivre ?


Parler de la mort est encore souvent considéré comme sombre ou morbide.

Je pense au contraire que la conscience de notre finitude peut être profondément vivante, parce qu’elle remet certaines choses à leur juste place.


Lorsque nous nous rappelons que notre temps est limité, certaines préoccupations deviennent soudain moins importantes :

« Qu’est-ce que les autres vont penser ? »

« Est-ce que je vais paraître ridicule ? »

« Et si on me juge ? »


Et d’autres questions deviennent essentielles :

  • Avec qui ai-je envie de passer mon temps ?

  • À qui ai-je envie de dire que je l’aime ?

  • Qu’est-ce que je veux encore vivre ?

  • Qu’est-ce que je voudrais réparer ?

  • Qu’est-ce que je ne veux plus accepter ?

  • Quelle place ai-je envie de donner aux personnes que j’aime ?

  • Quelle personne ai-je envie d’être pendant le temps qui m’est donné ?


La mort n’est pas uniquement ce qui met fin à la vie.

La conscience de la mort peut aussi nous rappeler de la vivre.


Dire avant qu’il ne soit trop tard.


Nous avons longtemps valorisé la dureté, la maîtrise, la capacité à ne rien montrer :

« Sois fort. »

« Ne pleure pas. »

« Ne montre pas que ça t’atteint. »

« Garde ça pour toi. »


Mais peut-être avons-nous confondu force et fermeture.

Il faut parfois beaucoup plus de courage pour dire :

« Je t’aime » que pour ne rien dire.

Beaucoup plus de courage pour dire :

« Tu m’as fait mal » que pour faire semblant d’être indifférent.

Beaucoup plus de courage pour dire :

« J’ai besoin de toi » que pour continuer à prétendre que nous pouvons tout affronter seuls.


Et si nous mettions désormais sur un piédestal celles et ceux qui osent exprimer ce qu’ils ressentent, ceux qui disent leur amour, leur gratitude, leur peur, leur vulnérabilité.... ?

Parce que nous ne maîtrisons pas la durée de nos relations.

Nous ne maîtrisons pas non plus la durée de notre propre vie.

Mais nous pouvons décider de laisser moins de place aux mots retenus.


Alors j’aimerais vous laisser avec une question.

Si une personne importante pour vous disparaissait demain, qu’est-ce que vous regretteriez de ne pas lui avoir dit ?


Et peut-être une question encore plus importante :

Qu’est-ce qui vous empêche de le lui dire aujourd’hui ?


Quelques mots peuvent parfois changer une relation.... Et parfois une vie. ;)



A tout bientôt ici et là,

Je suis Édith Pradalie. J’accompagne et sensibilise aux deuils et aux transitions de vie.

J’accompagne ces moments où la vie nous oblige à nous réinventer, à traverser une perte, à redéfinir nos repères et, parfois, à regarder autrement ce qui compte profondément pour nous.



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