Un endeuillé est bien plus qu'endeuillé...
- edithpradalie

- 21 août
- 3 min de lecture
Lorsqu’une personne que l’on aime traverse un deuil, quelque chose d’étrange se produit parfois autour d’elle.
On ne sait plus très bien quoi dire.
On ne sait plus quoi faire.
On a peur d’être maladroit, de prononcer le mauvais mot, de provoquer une émotion, de rappeler l’absence.
Alors, parfois, on ne dit rien.
Ou bien on ne voit plus la personne qu’à travers son deuil. Comme si elle était devenue « l’endeuillé ». Une personne triste. Fragile. En souffrance. Une personne avec laquelle il faudrait peser chaque mot et éviter certains sujets.
Mais un endeuillé est bien plus qu’un endeuillé.
Oui, il traverse une perte.
Oui, il peut ressentir une immense tristesse, de la colère, de l’injustice, de la peur, du manque.
Mais il n’est pas uniquement cela.
Il peut aussi avoir envie de rire. De sortir. De parler d’autre chose. De partager un bon repas. De faire des projets. De raconter une anecdote complètement idiote sur la personne décédée et d’en rire aux éclats.
Et ces moments-là ne signifient pas qu’il souffre moins, qu’il oublie ou qu’il « passe à autre chose ».
Ils signifient simplement qu’il est encore vivant.
Ne sacrifions pas la joie par peur de la tristesse !
Lorsque l’on accompagne une personne en deuil, il est évidemment essentiel de pouvoir accueillir ce qu’elle dépose : sa douleur, ses émotions, ses silences, ses questions.
Mais accompagner, ce n’est pas uniquement accueillir la souffrance.
C’est aussi continuer à voir la personne derrière son deuil.
Continuer à lui proposer des moments de vie.
Continuer à rire avec elle lorsqu’elle en a envie.
Continuer à parler de ce qui l’intéresse, de ses projets, de ses envies.
Et surtout, ne pas avoir systématiquement peur de parler de la personne décédée.
Évoquer un souvenir heureux ne crée pas l’absence : elle est déjà là.
Parler du défunt peut au contraire permettre de faire vivre tout ce qui existait dans cette relation : les souvenirs, les fous rires, les habitudes, les petites manies, les phrases que l’on répétait, les moments précieux… mais aussi tout ce qui a été transmis... Parler aussi de ce qui reste !
Après un décès, il y a ce qui a été perdu.
Mais il y a également ce qui reste.
Une manière de voir la vie.
Une valeur transmise.
Une expression que l’on utilise encore.
Une recette.
Une passion.
Une façon d’aimer.
Un souvenir qui fait sourire.
Accompagner une personne endeuillée, c’est aussi pouvoir l’aider à regarder tout cela.
Non pas pour effacer la douleur ou chercher absolument du positif dans la perte, mais pour laisser une place à toute la relation et pas uniquement à sa fin.
Parce qu’une personne décédée n’est pas seulement la personne dont on pleure l’absence.
Elle est aussi celle avec qui on a vécu.
Et une personne endeuillée n’est pas seulement quelqu’un qui souffre d’une absence.
Elle reste une personne entière, capable de tristesse et de joie, de manque et d’envie, de larmes et de rires. Parfois dans la même journée.
Alors accueillons la douleur lorsqu’elle se présente.
Mais n’oublions pas de continuer à inviter la vie.
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Vous ne savez pas toujours quoi dire ou quoi faire face à une personne en deuil ?
La peur d’être maladroit peut parfois nous conduire à nous éloigner précisément au moment où notre présence pourrait être précieuse.
J’ai créé l’e-book « Guide de survie à l’usage des proches d’endeuillés » pour vous aider à mieux comprendre ce que traverse une personne en deuil et, surtout, à savoir quoi dire, quoi faire et comment être présent sans chercher à réparer ce qui ne peut pas l’être.
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À tout bientôt ici et là.
Je suis Edith Pradalie. J'accompagne et sensibilise aux transitions de vie et aux deuils.



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